CR JPO Living Voice, VIVlab, VIDA, 25 et 26 mars

CR des JPO Living Voice, VIVlab, VIDA

 

 

Compte rendu des Journées Portes Ouvertes consacrées à Musikae et la lecture analogique 25 et 26 mars 2016.

 

L’installation pour ces Journées était composée comme suit :

-    Platine Acoustic Solid Wood MPX à double poulie
-    Bras VIVlab « Rigid Float » 9 pouces
-    Cellule Stein Audio Aventurin 6

-    Préampli Phono Aurorasound VIDA monoblock (en 4 blocs)

-    Amplificateur intégré ppfff Van V2

-    Enceintes Living Voice IBX-RW

-    Câblage Absolue Créations variant de In-tim à Tim-Référence


A bien y regarder, nous avons assemblé là un système composé de chefs-d’œuvre d’artisans devenus des références internationales, une réunion de talents purs, de développeurs brillants, passionnés, obstinés, patients… Tout ce qu’on aime.

Le résultat était à la hauteur et même bien au-delà et moi qui regrette souvent que ma pièce d’écoute manque un peu de densité, ces jours-là clairement ce n’était pas un problème tant ce système avait une capacité à sculpter l’espace en imposant une vigueur organique rare, surtout compte tenu de la compacité de l’ensemble.

Les deux découvertes principales, je le dis sans détour, sont définitivement des bijoux.

Quelles découvertes ?

Pas la cellule Stein Aventurin que je connaissais et adorais déjà, raison pour laquelle je l’ai fait venir pour l’occasion.

La découverte a porté en deux temps sur le bras VIVlab « Rigid Float » et sur le préampli phono VIDA Mono dont j’utilise avec joie et fierté la version stéréo depuis 3 ans maintenant.

Le bras m’a laissé interdit. J’en ai pourtant manipulé quelques-uns, avec quelques préférences (un tiercé ? Graham Phantom, Moerch, Durand, Ikeda... Ca fait quatre ? Ah oui !)

Le VIVlab « Rigid Float » et sa panoplie d’inventions (parmi lesquelles une qui me paraît fondamentale : il est totalement décorrélé de la liaison bras/support)  fait oublier tout le reste une fois qu’on a compris son fonctionnement et son installation atypique. Il guide la cellule (et semble-t-il quelle qu’elle soit, légère ou lourde, totale universalité) avec une aisance déconcertante, semblant s’affranchir totalement de la position sur le sillon, du pressage, des anomalies diverses des galettes noires pour lui permettre (à la cellule) de dévoiler tout son potentiel et croyez-moi la Stein Aventurin n’est pas timide, ne manque pas de panache, de vitalité, de puissance même. Avec le VIVlab, on en profite pleinement, jusqu’à la dernière goutte de nectar musical.

Car ne nous trompons pas, écouter un bras n’a pas de sens, comme pour un câble on doit apprécier son absence afin de révéler le vrai caractère de la cellule.

Ce qui est une réussite absolue avec le VIVlab. Il sublime la cellule Aventurin 6 comme aucun autre.

J’en parle d’autant plus à l’aise que j’ai été persuadé pendant les essais et un bon moment de la présentation que ce bras coûtait 5500 € jusqu’à ce que Karl (Musikae) me corrige et me dise : non, cette version coûte 3600 €.

Or, même en le situant à 5500, je n’avais aucun problème de prix, les performances musicales le justifiant sans aucune réserve.

Les visiteurs, peu nombreux cette fois avouons-le - week-end pascal oblige -, ont été sincèrement séduits et même saisis (ça se voit !) par le naturel, la réalité charnelle, l’homogénéité et l’afflux charpenté mais sensuel de la musique très variée que nous avons dégustée sur ces deux jours, sans en passer systématiquement par des disques audiophiles, flatteurs même sur un Teppaz.

Alors un merveilleux bras au service d’une cellule d’exception soit, mais ce n’est pas tout évidemment : le préampli phono VIDA Mono, deuxième nouveauté de notre présentation, se taille une belle part dans le résultat simplement magique.

Lorsque j’ai écouté pour la première fois le VIDA il y a 3 ans, je n’étais pas particulièrement demandeur ni en recherche, pas vraiment mon marché donc pas ma priorité. J’avais accepté de le tester pour l’évaluer, point.

Sauf que, sitôt qu’on l’eut branché, je compris que je ne le laisserais pas repartir. Un tel naturel, une évidence si palpable, une telle souplesse harmonieuse, on ne passe pas à côté, c’est bien trop rare.

Donc, je ne savais pas ce que je devais attendre de la version Mono de ce VIDA, d’autant que la différence de prix (4400 à 6000) n’est pas colossale.

Oui mais voilà : passer de l’un à l’autre est du même ordre de choc que d’écouter le VIDA stéréo la première fois. Honnêtement, ça m’a agacé. Et emballé, parce que bon, c’est comme ça, il faut bien laisser le droit aux créateurs de vouloir toujours plus et, plus important, d’y parvenir.

Et puis ça ne fait pas du VIDA stéréo un appareil moins bon ou frustrant, et c’est un point rassurant : je vis très bien avec la version primitive qui va déjà bien plus loin que ce que nous connaissons par ailleurs et délivre une musique vivante et gouleyante.

Oui mais en comparaison, on a l’impression que le Mono est un joyau bien plus onéreux. Les qualités du premier VIDA mais… approfondies ? Stabilité, plénitude organique et sérénité, fluidité onctueuse jalonnée de coups de griffes quand la musique le dicte, incarnation des substances et profondeur des silences (assourdissants) etc… vraiment on doit pouvoir placer ces objets face à des ténors dépassant les 15 000 € et ce sont les stars qui rougiront !

Le reste du système on le connaît et on savait que ça ne freinerait pas ces merveilles, le Van de ppfff est un objet totalement à part dans la production mondiale, là encore un joyau brut, et il me paraît inutile de ressasser tout le bien que nous pensons des Living Voice qui, à défaut de trouver autant qu’elles le méritent leur place en France ont envahi Allemagne, Angleterre et autres pays de mélomanes…

Nous avons prouvé qu’elles ne craignent aucune musique en passant des disques exigeants, longue errance d’un Quatuor de Chostakovitch (par Fitzwilliam) à Isaac Hayes, du premier disque électro de Liesa van der Aa au Sacre du Printemps (Karajan et Maazel), de Chick Corea à du funk explosif, de Juliette Greco à l’étonnant Night Bird de Lavilliers etc…

C’était magnifique, j’en suis encore ému à l’heure d’écrire ces lignes en hommage à des objets qui nous ont procuré frissons et vibrations et que je vois repartir à regret ; mais pas pour longtemps car je vais bien évidemment donner suite.

Merci à Karl pour sa disponibilité, son engagement sur une voie difficile, celle d’extraire d’un tri patient des objets inconnus par pure passion, rejetant la facilité des modes ou des normes de la puissance mercatique.

Pas étonnant qu’on apprécie de telles collaborations