enceintes Fostex en test

Fostex en test

 

Septembre 2015

 

Depuis quelques temps, nous réfléchissons à faire entrer Fostex dans la collection staCCato.

Une belle et solide marque que les audiophiles du monde entier connaissent pour ses haut-parleurs notamment de rendement élevé, ou encore les mythiques petits haut-parleurs d’une expressivité avérée (les fameux FE103 par exemple) ou les tweeters à compression prestigieux.
    
Fostex, c’est aussi une gamme d’enceintes haut-de-gamme proposées à un prix singulièrement petit quand on considère la technologie embarquée et la qualité de réalisation ou les détails de finition.
Nous avions testé avec plaisir le modèle G1302MG, à savoir la première colonne de la série G qui est le haut-de-gamme de la marque, au-dessus de la série GX donc. Oui, ce n’est pas simple car la hiérarchie des modèles est croisée d’une série à l’autre.

Pourtant, nous hésitions un peu sur le modèle à prendre en haut de liste entre l’envie de choisir le vaisseau amiral, la G2000a, et la sécurité de présenter la plus réputée GX250MG, un peu encombrante quand même à une époque où on favorise l’intégration.

Puis on nous annonce une G1003MG, colonne fine, avenante et ultra-performante par une technologie avancée lui permettant de s’imposer comme la première colonne équipée intégralement de haut-parleurs à membrane magnésium et qui plus est des transducteurs grave et médium de même diamètre  et de technologie HR pour une homogénéité de timbres parfaite et que le prix positionne en face de la GX250…


Par conséquent, nous avons voulu connaître la G1003MG. Parce que bon, c’est bien gentil la technologie, mais dans le domaine musical ça n’est la preuve de rien, la liste des exemples d’un dévoiement technologique vain est pléthorique.


L’objet est vraiment raffiné, sobre aussi, une vraie conception de l’élégance, discrète et irréprochable. La laque noire de l’enceinte qui nous a été confiée est un modèle du genre, avec de la profondeur et que l’on devine résistante.
Moi qui ne suis pas fan de l’idée de voir des haut-parleurs, je reconnais que cache retiré, le look de la G1003MG ne plaît beaucoup, l’intégration métal / laque se faisant avec modération, créant une discrète sculpture moderne.
La première question qui vient à l’esprit est cependant : pour 10 500 € la paire, on est loin de la frime ordinaire, démesure ou ostentation. La G1003MG est très fine et pas spécialement haute, très joliment proportionnée et par conséquent d’une discrétion totale. Trop ?


Voilà pour le plumage. Passons au ramage. Ou plutôt, espérons, l’anti-ramage.


Il aura fallu moins d’une demi-journée à ces petits bijoux  pour s’affranchir des crispations premières en sortie de caisse. Elles sont probablement déjà rodées pour donner le meilleur d’elles-mêmes aussi vite.
Sur un ensemble Accuphase (DC37, quel merveille & E600), l’équilibre tonal est irréprochable, l’ouverture remarquable du médium ne crée pas de zone privilégiée pour autant, l’homogénéité des attaques, rapides et variées sur tout le spectre réconforte, et les timbres délicats et totalement convaincants sont façonnés par de beaux effets de texture.

Malgré un rendement faible annoncé, l’Accuphase E600 (30W) est très à l’aise et aucune crispation dynamique n’apparaît même en écoutant à des niveaux rarement possibles en milieu domestique. Pas de distorsion, pas de projection, je soupçonne que le rendement annoncé est délibérément sous-estimé ou pour une fois tout simplement honnête.
Admirable intelligibilité qui ne tient pourtant en aucune manière de l’artifice clinique car laisse les subtilités diverses et les arrière-plans à leur place dans l’environnement de la salle. C'est superbe !

Car la musique, quelle qu’elle soit, s’épanouit ouvertement via de belles variations rythmiques, offrant un plaisir du swing immédiat, la compréhension des intentions procure le frisson de suivre les évolutions complexes des musiciens même les plus discrets dans l’orchestre et, sur des musiques plus électro et punchy, le grave surprend par sa vigueur sa tension et sa redoutable efficacité compte tenu du petit diamètres des haut-parleurs et leur faible débattement : une étude superbe et la preuve que parfois la technologie offre des avantages.


D’autant que rien ne vient entacher la résolution de l’ensemble, pas le moindre son de boîte, aucune coloration de charge (ça alors !)… Magnifique performance. Des contrebasses définies et boisées, des percussions intégrant impact et peau ou métal, une précision des attaques de bas en haut du spectre au profit d’une compréhension de chaque instant, mot, souffle, frémissement, c’est superbe.
Un peu comme avec les Wilson Benesch Square 5, on est au croisement de ce que devrait être un bon monitor et d’une enceinte incontestablement vouée à l’intelligence de toute musique mais dans un format plus réduit et un équilibre moins dépendant du placement ou des électroniques.


Jamais démonstrative, rigoureuse, juste, elle déstabilisera probablement les candidats à la hifi caricaturale qui ont acquis qu’une bosse à 60 hZ c’est du grave, mais qu’importe, les mélomanes comprendront que le vrai grave, à sa place exacte, vivant et varié, c'est ça.


Nous avons évidemment croisé les combinaisons. C’est curieux mais à chaque changement de configuration, il faut un long moment pour que l’enceinte s’installe et se détache d’une simplification des couleurs un peu dures avant de donner le meilleur tout simplement, un peu comme si elle devait se « polariser » à chaque étape.


Avec un ensemble Eera / IN400, on retrouve les performances, précisions, couleurs, vivacité, profondeur, certes à une échelle un peu moindre, mais sans jamais perdre l’essentiel de vue : la musique, sans fioriture, sans fard, nantie d’une aisance et un plaisir incontestable.


Enfin un court essai avec un ensemble Pré/Dac Gato PRD-3 & by staCCato confirme tout ce qu’on a ressenti jusqu’alors, avec sans doute un soupçon de moelleux en plus (je n'ai pas dit mollesse !), même si cette fois on a choisi d'utiliser la contre-réaction sur le by staCCato, peut-être à cause du faible rendement.


Bref, sans jouer à fond la carte de l’expressivité, ces enceintes sont vraiment très attachantes, dans une option zéro défaut et avec un engagement lyrique évident, permettant de tout comprendre des intentions musicales, Mahler ou Gubaïdulina, Doug Wimbish ou Neneh Cherry, Dalis Car ou Bernard Lavilliers, tout fait ventre au plaisir direct des sens.


Pour autant reste la question d’un peu plus d’exubérance avec la GX250

On y réfléchit….