et le microsillon alors

le microsillon aujourd'hui

 


avril 2015

 

 

Un des refrains du moment concerne le retour du disque noir.

Un peu comme celui des amplis à tubes.

L'histoire d'un succès, d'un renouveau, d'une renaissance.

Mouais...

On nous vante le triomphe de la qualité musicale de la vieille galette face à la poussée du "démat" dont certains journalistes reviennent après l'avoir pourtant promu au rang de tueur du CD moins de 10 mn après ses premiers balbutiements.

Ils en reviennent sous prétexte de tests poussés, rigoureusement aussi peu rigoureux que ceux effectués quelques années plus tôt et qui avaient mené à la conclusion contraire.

Et maintenant on nous assène qu'un lecteur CD Rega à 900 balles écrase tous les lecteurs réseau ou serveurs audio du marché...

Ben tiens.

En attendant un prochain revirement, revenons à notre sujet du jour : le bon vieux microsillon ! Une valeur sûre.

Qu'en est-il de ce retour fracassant ?

On le sent en effet, nous voyons pas mal de jeunes gens par exemple qui, sans doute un peu lassés par le cumul anarchique de données MP3 sur les baladeurs numériques, tombent un jour sur la collection des 33 tours de papa, s'aperçoivent, émus, que ce n'est pas désagréable d'avoir ce bidule anachronique entre les mains qu'il faut manipuler avec précaution, accompagné de belles pochettes grand format avec des illustrations parfois superbes, sophistiquées ou extravagantes...

Et puis qui, l'essayant - le plus souvent dans des conditions très moyennes, un Teppaz ou une Dual de Cro-Magnon dont la pointe en silex est ravagée -, trouvent que, quand même il se passe quelque chose soudain qu'ils n'avaient pas jusqu'alors dans l'écoute des fichiers compressés injectés directement dans le cerveau ou sur les médiocres HP des portables.

Ben oui, hein...

Les incorrigibles de la galette noire diront en haussant les épaules, suffisants : « pas étonnant, on n'a jamais fait mieux... »

Mmhhh, on peut dire ça !

A condition de prendre quelques précautions oratoires quand même.


Le vinyle c’est formidable, oui, sans aucun doute, et, pour certaines sensations sensuelles, irremplaçable. Je peux en parler, je passe beaucoup de temps en ce moment sur mon nouveau jouet (une Acoustic Solid Wood MPX, un bras WTB 213 et le VIDA) à reclasser ma discothèque microsillon, redécouvrant tant de perles oubliées : il est vrai qu’on vibre d'un plaisir incomparable dans le lien organique et la matière onctueuse qui n’appartiennent qu’aux vinyles incitant sans aucun doute à pardonner les nombreux défauts inhérents au principe même de la lecture.

J’écoute en ce moment même le dernier acte du Crépuscule des Dieux, une édition originale numérotée, j’avais oublié que j’avais encore cette merveille, dans la version quand même décapante de Solti à la tête de Vienne, Birgit Nilsson, Fischer-Dieskau, Frick et Windgassen.

Ca craque un peu, il faut vraiment que je m’achète la belle machine à laver les disques que je vise, mais je suis ébahi par la dimension poétique et subtile que j’avais oubliée à n’avoir écouté depuis des années que la célèbre remasterisation CD (magnifiquement faite sans aucun doute) qui date de… 1997 ?, et pas tous les jours qui plus est.

Sur le CD, le spectacle tend vers un paysage grandiose aux reliefs et couleurs paroxystiques, hollywoodiens, les traits sont surlignés, les cuivres, impressionnants, ont le gosier goitreux et leur grain magnifique est un rien fictif, les contrebasses ronflent à loisir, tendance générale à l’outrance extraordinaire qui contribue à faire que certains considèrent Solti comme parfois légèrement bourrin.

Sur le vinyle on découvre derrière le spectacle grandiose un monde de finesses, des jeux de couleurs délicats, on entend le subtil travail de l’orchestre (cordes raffinées à souhait !) qui semble jouer entre les creux et les pointes des comédiens pour accentuer un trait, accompagner un geste, prévenir une phrase, magnifier une plainte ou une pique acerbe, c’est d’une théâtralité mesurée et merveilleuse, on reconnaît ce travail de titan qu’a dû représenter cette captation idéale et la post-production scénarisée, probablement impossible de nos jours pour des raisons économiques évidentes. C’est quasiment une interprétation différente, sans pour autant que l’une soit à rejeter. Disons que la mise en lumière diffère mais au profit de subtilités artistiques que le CD ne permet pas de deviner. En grande partie, je le répète, du fait des choix lors de la remasterisation.

Maintenant la réalité est-elle toujours aussi merveilleuse et le choix aussi manichéen ?

Non !

Je ne suis pas de ceux qui se sont contentés de pleurer la disparition du vinyle ou se morfondre sur la vieille rengaine du : « le CD c'est pas bien, ça fait pas de musique ».

Tout ce dont je conviendrai à la rigueur, c'est qu'il est plus facile de se faire plaisir avec une petite platine vinyle à prix modéré qu'en CD.

Mais condamner le CD jamais !
Et évidemment encore moins les fichiers numériques même s'ils ne rejoignent pas le meilleur des trois mondes, encore que. Des esthétiques différentes tout au plus et qui fonctionnent toutes à condition qu’elles suivent une filière de pensée cohérente.

S’arrêter à considérer que seul le vinyle détient la vérité, c'est d’emblée renoncer à des décennies de productions musicales majeures qui n'ont jamais été proposées en microsillons ou alors dans de mauvaises conditions.

Parce que, ne nous y trompons pas, le vinyle n'est pas toujours qualitatif, avant même de parler de l’usure ou de la poussière ou des particularités de mise en œuvre.

On oublie un peu vite que, même à la grande époque, il y avait de lourds écarts de valeur de pressage, qualité des matrices, des moules plus ou moins usés etc…
Or, la plupart des « pressages » actuels vont de moyens à franchement épouvantables, même certains pressages réputés audiophiles. Sans compter la masterisation amont.

Pour des enregistrements de musique d’aujourd’hui, on ne peut pas faire grand-chose, si ce n'est éviter de rester bloqué sur le vinyle à tout prix. Pour de nombreux disques, il vaut mieux opter pour le CD ou mieux : un excellent fichier dont certains en haute définition creusent vraiment l'écart, sauf si vraiment on prend un plaisir sensuel et inaliénable à manipuler le disque noir, auquel cas je m’incline.

Pour des rééditions de disques issus du passé analogique, la question est tout autre, le bon vieux microsillon trouve sa pleine justification et il faut dès lors bien réfléchir entre la tentation de la facilité, à savoir acheter des rééditions actuelles, ou chiner pour trouver d’anciens pressages voire d’origine.

Pourquoi les galettes actuelles ne sont-elles pas à la hauteur ou rarement ? Pourquoi le son est-il souvent dur, aux articulations raides, la dynamique fine pourtant sans équivalent du microsillon souvent gommée et les musiciens accompagnés de pétillements magnétiques secs, etc…

Les réponses sont sans doute multiples, mais à ce stade j’avoue que j’en suis réduit à des hypothèses…

- Piste n° 1 : on peut par exemple avancer que bon nombre de vinyles réédités de nos jours sont issus d’une masterisation numérique faite pour le CD et pas retravaillée spécifiquement, à l'excepion de la compression RIAA évidemment, pour un support dont les critères techniques sont différents. Idem d'ailleurs pour les fichiers dits Haute-Déf, qui très fréquemment (le plus souvent aujourd'hui encore ?) sont issus des normes CD. Le temps arrangera l'affaire pour la haute définition, pas pour les microsillons.

Admettons que l'éditeur parvienne à remonter à certaines bandes analogiques dites originales (plus probablement issues de copies de copies de sécurité) on se demande ce qu'il en reste après toutes ces années, par quel process il faut les faire passer pour les restaurer et selon quels critères dans l’angoisse idiophile de la modernité. Une bande analogique avait une durée de vie de quoi : 10 ans sans altération ? 20 ans peut-être exploitable (c'est très optimiste) à condition que la bande fût de haute qualité, et encore, conservée dans des conditions idéales, régulièrement déroulée pour éviter que les spires ne collent.
                                                                                                                       
En outre, il y a la question du matériel utilisé pour la lecture et la restauration, pour traiter le souffle que le temps intensifie. Même chez un éditeur comme Classic Records dont le travail était incontestablement soigné, on identifie assez vite une couleur générale omniprésente, une matière des timbres identique et d'autant plus flagrante si on compare avec un pressage de la belle époque du même enregistrement, sans même parler de premiers tirages. Outre cette signature sonore, probablement due au matériel utilisé, lecture de bande, fabrication de la matrice, on constate en comparant avec de vieux pressages qu'on n'a pas vraiment la même texture, la même richesse sensible, le même frémissement.
Toutefois, c'est du travail bien fait, généralement plus raffiné que le CD équivalent, d’accord, et dont on peut tirer beaucoup de satisfaction émotionnelle, si l'équipement final est à la hauteur.

-    Piste n° 2 : sans doute parce que la qualité du vinyle, je veux dire la matière en elle-même, n'est pas soignée comme dans les grandes heures ; il s'agirait le plus souvent de vinyle recyclé, ce qui d'ailleurs se détecte vite, il suffit d'entendre les pétillements électrostatiques très secs pour comprendre que la matière vinyle est médiocre.

-    Piste n° 3 : la fabrication des matrices ou le pressage lui-même sont possiblement un peu bâclés mais ce point n’est pas une fatalité. Question de coût, c'est tout... Le savoir-faire existe toujours, enfin je crois.


Alors le microsillon oui, soit, mais pas à tout prix. Il y a à prendre et à laisser, à boire et à manger comme dit l'expression populaire...

Si vous êtes intransigeant dans votre rapport au CD ou au démat, ne le soyez pas moins dans l'écoute des microsillons. Que le plaisir soit plus immédiat ne doit pas empêcher d'être attentif et d'aller chercher au-delà, toujours dans cette idée fixe de mieux comprendre et honorer le travail des musiciens !

Ne vous ruez pas systématiquement sur les rééditions : 180 g ou 200 g ne sont pas la preuve d'une qualité ; n’hésitez pas à fouiller chez les spécialistes de l'occasion, vous trouverez facilement des vendeurs de disques de deuxième main qui font bien leur travail et sont de bon conseil, d’autant que leur clientèle principale est souvent composée de collectionneurs purs et durs plus accros à la pochette qu’à la qualité du contenu, et même si ceux-là bloquent les premiers pressages, les suivants sur la liste sont quand même supérieurs à la plupart des rééditions.


Ma logique du vinyle est simple : à chaque époque sa vérité, sa ligne technique.

Logique de riche, un peu quand même oui...

Production moderne ? CD ou idéalement fichier haute définition, car la ligne de production a été pensée dans ces formats, travaillée dans un environnement, une cohérence numérique à quelques exception près, soit.
Maintenant si vous voulez quand même le 33 T, d'accord, mais par plaisir de l’objet essentiellement, ou de colorations plaisantes que vous procure votre platine. D'autant qu'il y a des exceptions... Et des collectors, telles les éditions ultra de Jack White, ou quelques autres farceurs sympathiques, bonus cachés sous l'étiquette, début de piste différent sur un même morceau selon l'endroit où on place l'aiguille, plages en 33 ou 45 ou 78 tours (il est gentil mais il faut pouvoir le lire !!!), et même lecture à l'envers. Pas sûr que la précieuse pointe de lecture apprécie l'exercice, mais bon, il faut saluer l'inventivité promotionnelle et reconnaître que ce genre d'initiative contraint à être attentif à ce qu'on écoute.

Suite de la logique " une époque un support " : pour goûter tout ce qui date de la grande époque du vinyle, oui, on peut affirmer que rarement le CD permet de retrouver exactement l’envoûtement, la suavité, l’évidence ou le naturel des enregistrements, même des remasterisations, souvent galvaudées, visant plus à faire rentrer de vieilles bandes dans les rangs d'une apparente modernité, pas de souffle, pas de distorsion, des timbres plus précis et tant pis si au passage la sensualité frémissante, les variations internes du rythme ou les nuances dynamiques sont passées à la trappe.

Qu'on le veuille ou non, la pensée technique de l’époque allait de fait dans un sens unique : bande analogique, mixage analogique, master analogique, reproduction analogique, et ça se sent, ça se déguste autrement, ça a du sens, c'est beau, c'est juste, c'est direct.

Indubitablement, les cordes des violons procurent un soyeux en analogique qu'on ne retrouve que difficilement en numérique ;  l'euphonie, les subtilités d'articulation, de lien, la densité du huilé, le naturel dynamique sont admirables, la pleinitude des timbres notamment sur les forte, etc... ; l’atmosphère habitée des premiers Rolling Stones ou James Brown, si contestables que soient les enregistrements en eux-mêmes, offre une vérité palpable et une grande portion d'un jazz majeur est plus immédiatement excitante en analogique pur.

Ceci, on l’aura compris, à condition de privilégier autant que possible les tirages d'époque, idéalement des premiers ou seconds ou troisièmes tirages, et encore en faisant attention au pays d'origine et bien sûr à la quantité de tirages effectués, mais sans forcément non plus en faire une obsession.

Plaisir de collectionneur comme je le disais plus haut ? Non pas exclusivement.

J'ai acheté récemment un pressage ancien de Revolver des Beatles.
J'avais le choix entre deux, un premier (ou second, je ne suis pas formellement sûr) pressage français et un premier pressage anglais. Le collectionneur aurait choisi le second, personnellement j'aime bien ce disque, mais acheter un premier pressage uniquement pour Eleanor Rigby, c'était quand même excessif, même si en comparant les deux (le vendeur me les a gentiment confiés) il y avait incontestablement un plus pour le pressage anglais, ça ne méritait pas la différence qui se chiffrait en plusieurs dizaines d'euros car de toute façon, la magie était au rendez-vous dans les deux cas !

Il y a sans doute quelques disques pour lesquels je me damnerais, soit, pas Revolver. Aussi à ce stade, vous faites ce que vous voulez, la valeur sentimentale n’a pas d’argus.

J'ai acheté à Munich quelques belles choses (d'occasion) en musique classique et ai pu une fois de plus comparer mes achats raisonnables (à une exception près pas plus de 15 euros par disque) à des pressages audiophiles modernes (entre 25 et 40 €). L'écart était bien plus flagrant qu'entre les deux pressages de Revolver. En faveur des tirages anciens évidemment, alors qu'il ne s'agissait pas de premiers pressages.

Pour autant, la qualité de versions vinyles "audiophiles" dûment sélectionnées surpasse les versions CD ou SACD ou HD par certaines délicatesses d'attaques, sinuosités dynamiques complexes, ou peut-être plus simplement encore une fois parce qu'on vibre à la logique plus cohérente de l'univers analogique.

Ce qui ne m'empêche pas d'avoir été ému par les mêmes disques en CD quand la masterisation n'était pas honteuse et le lecteur à la hauteur.

Autre exemple parlant de la mixité : j'ai acheté il y a quelques années une réédition moderne vinyle de Melody Nelson.

Je l'ai posée maximum 30 secondes sur la platine tellement le son était dur, épouvantable, sans nuance face à une excellente version super bien foutue en CD (alors que peut-être précisément les ingénieurs n'ont rien fait de spécial au moment de la masterisation).
Et puis lors d’une foire au disque, j'ai trouvé une édition ancienne à 20 €, j'ai pris, j'ai écouté.

Bon d'accord, c'était incontestablement supérieur au vinyle merdeux ; ça ne rend pas l'écoute CD (certes sur une machine de compétition) particulièrement honteuse, mais c’est quand même plus riche et le tiercé devient plus complexe.

Là encore, tout est question d’attente, mais en tout cas le pressage actuel est à bannir !

Alors, vous allez me dire (si si, vous allez me le dire ) : c’est bien gentil d’acheter des vieux disques tout poussiéreux, mais s’ils sont vieux, ils sont usés !

Oui, c’est le risque. Oui, il faut faire un peu attention, oui, il vaut mieux s’adresser à un commerçant de confiance avec qui vous pourrez éventuellement les échanger si vous n’êtes pas satisfait.

Mais dites-vous que, le plus souvent, les vieux disques sont encrassés plus qu’usés. L’usure ça existe, notamment les disques de jeunesse écoutés en boucles des heures et des heures de suite, creusant une empreinte nouvelle dans le vinyle sans lui laisser le temps de se reformer, surtout si l’écoute a eu lieu à la pointe d’une épée.

Mais même un peu usagés, on sera surpris de voir de quoi les vieux vinyles sont capables.

Quant à l’encrassement, oui, c’est plus difficile à éviter. Il y a des machines à laver les disques qui permettent de contrer efficacement (plus ou moins selon les modèles évidemment) et si vous avez une belle collection, c’est un investissement à considérer, même à plusieurs, entre amis mélomanes car on n’en a pas besoin tous les jours non plus, et vraiment dans certains cas, le résultat tient du miracle, on n’est pas loin de la restauration !

Les microsillons étaient costauds et ont de l'avenir, sans aucun doute...


J’aborderai probablement sous peu la question de la technique des platines, bras, cellules etc… Pas toujours simple non plus.

Mais quand l'installation est faite, c'est un bonheur sans cesse renouvelé.

 

NB : j’emploie ici le mot édition dans un sens large pas stricto sensu, à savoir nouvelle d’édition suppose changement de pochette, de label, d’un titre ou de l’ordre des titres etc…

Les étapes de fabrication d’un vinyle sont multiples et commencent par la gravure au burin diamant d’un Lacquer Master ; par pressage seront tirées des matrices, un jeu de positifs / négatifs comme en photographie argentique (négatif, interpositif et internégatifs puis tirages). Car - de mémoire - on sort alors des matrices positives et au moins une négative, la seconde étant une matrice de sécurité qui permettra de reproduire des moules sans revenir au Lacquer Master plutôt fragile.
Je ne sais pas si certains pressages modernes s’offrent le luxe de revenir aux matrices originales (négatives) mais j’en doute.

La gravure est effectuée après une « égalisation » (uniformisée en 1954 par l’association interprofessionnelle américaine RIAA) de la courbe de réponse en fréquences, visant très schématiquement à une atténuation du grave (pour éviter que les fréquences grave ne dévient le burin et permettre ainsi un meilleur remplissage en longueur par face) et une augmentation de l’aigu pour éviter qu’il soit noyé dans le bruit de fond.

C’est la correction inverse que va opérer la courbe RIAA de votre préampli phono.

Les matrices (1 par face évidemment) étaient données pour une production d’un millier de disques de première qualité mais pouvaient être utilisées parfois pour tirer jusqu’à 10 000 disques ; inutile de préciser la dégradation de la matrice. La norme admise tournait autour de 2 500.

C’est sans doute ce qui explique que les collectionneurs cherchent idéalement les pressages originaux venant du pays d’origine du disque.

Car aux autres pays étaient fournis une bande copie de sécurité et parfois peut-être des positifs issus du négatif de sécurité.

Pour autant, je ne crois pas qu’il y ait moyen de repérer la quantité de disques tirés d’une même matrice.

Un exemple de numérotation sur disque particulièrement complète indique :
-    Une partie de la référence de publication qui est indiquée sur la pochette.
-    La face du disque
-    Enregistrement sur bande (par opposition à directement sur le master) et parfois la génération de bande ou une nouvelle gravure ou un changement de contenu (22, 23)
C’est seulement en cas de changement de contenu qu’on devrait parler de nouvelle édition.
-    Parfois une sorte d’indication de la génération de matrice (B, C, E), donc issue d’une mère et pas originale.
-    Parfois les initiales du graveur
-    Le format du disque (M3, M6, M9)
-    Le n° du moule qui est cumulatif (numérotation continue) à travers les années mais est parfois réutilisé pour des rééditions ultérieures et ne donnent donc pas une idée précise de l’année de pressage sauf à être un spécialiste particulièrement pointu.

Donc pas d’indications de la numérotation de quantité de tirage pour autant que je sache.

Maintenant, est-ce que tous les éditeurs utilisaient la même nomenclature ? Non.
Parfois apparaît ce qui pourrait être une date, mais est-ce une date de pressage ou d’édition ?

Hé hé, pas simple de s'y retrouver, n'est-ce pas ?

Mais, je vous rassure, les mêmes blagues existent dans le CD et les qualités de masterisation et pressages sont au moins aussi variées.

Pour autant, ça n'altère pas le plaisir...

Vive la dématérialisation !