Münich High-End 2013 part 1

Münich 2013 part 1

Une toute petite partie du salon
Hercule fatigué Le sourire d'Holger Sven le Poète

C’est curieux comme à chaque retour de ce monumental salon, on se sent paradoxalement nostalgique et dépité.


Dépité parce que cette exhibition de muscles sans tête est assez éprouvante pour notre amour de la musique…


… Et nostalgique parce que c’est quand même une belle fête, plus heureuse cette année que l’an passé soit dit en passant, qui nous permet en outre de vérifier que nous ne nous trompons pas dans notre recherche permanente d’objets exceptionnels : il n’y a pas grand-chose sur le marché pourtant garni de la hi-fi haut de gamme qui ait la moindre idée de ce qu’est l’expressivité artistique !


Qu’importe : au moins a-t-on pu se coltiner avec tout ce que la Grande Hi-fi Internationale affiche de prétentions via ses ustensiles hypertrophiés et incroyablement onéreux qui ne semblent s’adresser qu’à une douleur de la compensation au sens psychanalytique du terme ; somme toute pourquoi pas ? C’est tout de même mieux que d’être violent ou de se tuer en bagnole.


Et puis il y a les comiques que l’on est content de revoir, Avant-Garde par exemple, une de ces marques qui peuvent laisser planer le doute : le High-End serait donc un salon de la sono ?
Techno teutonne à fond plus un tour ! Grave d’IRM, chocs électroniques tout droit percutées des forges d’une imaginaire industrie chaplinesque, l’intérieur d’un Char Tigre.

Ne soyons pas injustes, pour de la sono c’est plutôt propre et ça distord peu, mais sur ce genre de musique des Martin Audio font aussi bien et c’est moins prohibitif. Ces gros bidules en plastoc ont évidemment des qualités mais on dirait que les concepteurs s’acharnent à établir leur mauvais goût. Ce qui ne met pas à l’aise quant à la suggestion d’une capacité à la virtuosité, n’est-ce pas ?


Il y a les stands où on ne comprend pas ce que les tenanciers cherchent à prouver : Tidal par exemple où on nous présente un système herculéen qui fait du rien, Hercule tirant la langue face à des travaux de couture, enfin je veux dire recousant un sac de jute, pas de la broderie, ce ne serait déjà pas mal.


Ceux, innombrables, qui s’échangent une même note grave pesante et amorphe, celle de la Grande Hi-Fi Internationale précisément, la réinvention de la basse continue dont on n’identifie surtout pas l’instrument qui est supposé l’émettre.


Ceux où, en dépit d’un Gianmaria Testa (heureusement qu’on a lu le nom sur l’écran de l’ordinateur) plus grand que nature, bodybuildé comme un lutteur de foire, on passe un bon moment parce que les fauteuils sont confortables face à un totem phallique comme il y en a énormément dans cette commémoration des bombes molles, Kharma par exemple, pour ne pas les citer.
C’est curieux, ça fait deux fois en trois ans que je m’en prends à eux alors qu’ils sont loin d’être les pires.


Il y a bien une autre marque dans le genre, où l’accueil était très sympathique par un canadien qui au moins faisait son travail en expliquant le comment du pourquoi ses enceintes sont les meilleures du monde (sic !), avec passion et arrogance, presque convaincant, jusqu’au moment où on passe à l’écoute… Pas vraiment une surprise, on a eu diverses occasions de croiser ses créations emblématiques. Mais lui, je ne le citerai pas, ne serait-ce que parce qu’il est gentil.



Ah, parmi les gentils, il en est un qui pour le compte faisait une démo sympathique et humainement réussie : l’ineffable Edgar ! Mais oui, notre Edgar national, qui exhibait sa passion du moment, les Swissonor, systèmes très éloquents à défaut d’être absolument universels ou justes, présentation animée, intelligente, voire rusée pour contourner les écueils, comme d’habitude. Musique agréable, un peu codée peut-être. Petit oasis de fraîcheur accompagnée de succulents petits gâteaux suisses.


Dans le genre accueillant, Onix et son excellent café - proposé en hurlant pour couvrir Dire Strait à niveau de concert mené par les amplis haut-de-gamme de la marque qui balançaient des coups de poing dans le bide tellement ça poussait -, relevaient le défi ! Preuve donnée par ce stand que la plupart des gros totors sont mous ! Là non ! Clairement pas ! On évitait ici la confusion habituelle entre énergie et rapidité en assenant les deux avec panache à défaut de subtilité sur des enceintes un peu néandertaliennes.


Sur le même thème de la sympathie, il y avait le plaisir de croiser les amis, les copains, les rencontres d’un jour, parmi lesquels évidemment nos grands potes d’Absolue Créations,  créateurs au talent superlatif, qui équipaient 7 stands majeurs (les grandes salles des niveaux supérieurs) au milieu de 107 exposants de câbles ! Rude constat pour la concurrence…

L’équipe d’Atoll faisant une présentation sympathique sur des enceintes un peu banales face à leurs haut-de-gamme de la série 400.

Évidemment le gai-luron génial Holger Stein et ses électroniques « l’air de rien » qui au-delà d’une présentation un peu désinvolte sur un stand très beau, démontrait qu’une débauche de moyens est plutôt contre-productive : lui conçoit des objets simples qui chantent ! Une gamme d’électroniques qui se parachève doucement mais sûrement et puis évidemment (sinon ce ne serait pas Holger !), il avait une surprise pour nous, bluffante !!!, des nouveaux Speaker-Match + Signature… Eh oui, c’est possible…

Dominique Giner de Metronome, toujours un peu, disons rêveur.

Et l’évanescent Sven, croisé dans les couloirs se promenant avec une petite enceinte jolie comme tout, ce type a incontestablement un talent de dessinateur très au-dessus des normes. Sans parler bien sûr de son savoir-faire en acoustique.

Et aussi les magnifiques Masa et Manolis de Tune Audio, Nic, etc… Nous en reparlerons…