eera

obstinément épris de justesse

Site internet : www.eera.fr

 

France, fabriqué en France

Enfin…

Enfin…

Enfin nous pouvons fêter l’arrivée d’une gamme Eera entièrement revisitée.
Et à plus d’un titre puisqu’elle se compose désormais de DAC(s) et Drive(s) entièrement fondés sur la même exigence d’une reproduction musicale bâtie sur la vérité (par opposition à l’enjolivement) et sur la rigueur, seul moyen d’atteindre le cœur de l’émotion vibrante, tonique, exaltante de nos musiques préférées…


L’introduction consacrée à Eera depuis ma rencontre heureuse avec cette marque disait :


« Marseille est une ville formidable !

Cosmopolite, contrastée, sombre ou lumineuse au hasard des détours dans des ruelles animées et bruissantes, toujours changeantes.

Marseille est aussi la ville bénie où naissent les Eera ! Ils n'en ont gardé que la lumière ; mais une lumière toute en nuance et finesse, une transparence de cristal, sans artifice, sans recherche d'effet, une lecture soyeuse, huilée, un sens du phrasé, du lien, de la mélodie, un refus du racolage hi-fi ou du spectacle vite harassants…

Bref, une vision féminine (dans le sens inspiré du terme : Romain Gary écrivait dans " les Racines du Ciel " : une certaine féminité extrême, avec ce que cela suppose d'intuition et de sympathie, c'est à mon sens ce qui approche le plus de la véritable intelligence…), nonobstant ce singulier aplomb des fondamentales, ce panache permanent, cette densité noble qui charpente la note autour d'un noyau, définit au mieux la substance des instruments ou les perles de la chair. Très beau ! »


Cet esprit, une parcelle de magie qui circulait dans les veines des appareils Eera à l’heure des divers DL puis Essentiel, Tentation etc … est toujours là, intact et même il a muri, grandi, s’est épanoui.

Et puis ce qui ne gâche rien, si la présentation des nouveaux appareils conserve la sobriété des anciennes générations, elle ajoute une aura de noblesse qui sans doute faisait défaut via un dessin slim line magnifiquement fabriqué, donnant l’impression d’un bloc entier d’aluminium.


Quelle est donc cette nouvelle gamme ?


Honnêtement j’ai un peu de mal à comprendre tant j’ai été abreuvé d’informations pas toujours faciles à suivre car truffées de données techniques absconses par leur densité depuis… 3 ans ??? Au bas mot… Il a pris son temps, le bougre.


Ce que je peux dire, c’est qu’il y a 3 DACs ultra-complets côté fonctions et connectique et 2 drives pour les inconditionnels du CD avec liaison I2s propriétaire entre les deux appareils.


Bon rien de compliqué en apparence.


Sauf que Didier c’est Didier.


Et donc, il y aura dans les mois à venir des surprises, encore secrètes même pour moi, et, sans parler du futur de la gamme, expliquer l’actuelle n’est d’ores et déjà pas simple car les différents DACs sont prévus pour pouvoir évoluer (soft et hard) vers des versions intermédiaires pouvant parfois jusqu’à doubler le prix de la machine mais sans atteindre l’appareil situé au-dessus en gamme.
Voyez le genre…


Alors la gamme actuelle, parlons-en :
3 x DAC :
-    Andante en entrée de gamme (à 3700 €, on est donc déjà dans le haut-de-gamme)
-    Majestuoso dans les 6700 €
-    Et Meister (comprenez la logique, vous ?) dans les… 11 à 22 000 je crois


et 2 x Transports :
-    Legato (3700 €)
-    Staccato (???) à 6700 €


Les DAC(s) peuvent lire tous les formats selon les liaisons, toutes optimisées aux petits oignons (le temps passé à concocter ces merveilles n’était pas vain) avec sur de nombreux aspects techniques des refontes fondamentales de la pensée des éléments complexes qui font un DAC…
La communication entre Drive et DAC se fait par liaison propriétaire.
Le Meister sera proposé semble-t-il, en diverses évolutions et avec des propositions de DAC différentes selon vos envies ou votre curiosité, une machine à la carte, prouesse rendue possible par une gestion propriétaire et sophistiquée du soft qui n’est pas étrangère au temps consacré à l’étude.

 

Première question : cette toute nouvelle génération et gamme méritaient-elles autant d’attente ?


Oui, sans aucun doute, je vous l’ai déjà dit plus haut !


En tout cas sur les appareils que nous avons pu tester et écouter à ce jour à savoir Andante et Majestuoso (pouvait pas trouver un nom plus facile à écrire ?) et Legato.


En progrès incontestable par rapport aux DAC intégrés dans les lecteurs précédents sans renier la filiation, l’ADN qui avaient mis à mal la grande majorité des références mondiales beaucoup plus coûteuses, il est évident que les Eera restent en haut du podium côté musique, et font encore plus de tort à l’absence de concur-rence côté rapport musique/prix…


Car, bien évidemment, pendant que nous attendions avec abnégation les machines promises, maintenus en haleine par une brève écoute de prototype de ci de là, nous ne nous empêchions pas de chercher des réponses éventuelles dans la pléthore anarchique de propositions diverses qui inondent les pages des revues papier ou internet. Sans grand succès : d’honnêtes compromis dans le meilleur des cas, ou des appareils tel le DAC/Préampli Gato vraiment formidable mais dont l’incontournable réglage de volume rend l’utilisation hybride sauf à en faire un préampli.


Quel soulagement donc que l’arrivée de ces nouveaux joujoux choyés comme d’habitude par leur grincheux géniteur.


Si on retrouve le caractère paradoxal des lecteurs Eera, à la fois autoritaire et raffiné, en quoi la personnalité des Eera a-t-elle subtilement évolué ?


Considérons l’Andante par exemple. A la richesse fourmillante d’un Intégral de naguère, il ajoute une délicatesse d’articulation sensiblement supérieure, un modelé tout en douceur affirmant des timbres superbement délinéés ; et ces souplesses de ballerine libèrent des entrechats rythmiques plus frémissants encore, laissant entrevoir le monde chatoyant des musiciens sans jamais vous jeter du détail par extraction à la figure, chaque infime embryon de frisson, de couleur, de vibration pétillant à sa place dans le maelstrom musical.


Le Majestuoso fonde son aristocratie sur cette même délicatesse avec évidemment une transparence et une présence accrues et on arrive à ce moment merveilleux dans l’absolu mais frustrant pour certains où la proposition musicale fait totalement oublier la technique, clôt le débat du numérique et vous propulse sans heurt dans le plaisir fondateur de la hifi si souvent oublié : vivre votre musique…


Et c’est bien le meilleur compliment qu’on puisse faire.


Alors, parmi les meilleurs DACs du monde ?

De tous ceux que nous avons écoutés sur le critère du pur respect de l’expressivité musicale débarrassée de toute frime inutile : oui, absolument oui !

A ce stade d’affirmation, nombreux sont ceux qui hausseront les épaules en ricanant. Si si, il y en a qui ricanent : « Comment ? Quoi ? On voudrait nous faire croire qu’une toute petite équipe dans son coin pourrait faire mieux que des gros groupes aux moyens colossaux, parfois réputés jusque dans le domaine professionnel ? »

Eh oui !

Peut-être une petite équipe passionnée et attentive, ne déviant pas de sa recherche initiale, évite-t-elle précisément la surcharge inutile des circuits, la complexité craintive ou l'idéal théorique pour au contraire atteindre à une simplicité beaucoup plus ardue. Ne dit-on pas de grands artistes qu’ils ont mis des années à épurer leur art ?

Suétone a écrit : « on raconte que, lorsqu’il écrivit les Géorgiques, Virgile avait coutume de dicter tous les jours un grand nombre de vers qu’il composait le matin, et passait ensuite le reste de la journée à les réduire à un nombre infime, observant avec humour qu’il léchait son poème comme une ourse lèche son petit et lui donnait peu à peu sa forme définitive. »

Ben un Eera, c’est un peu ça !