gato

bel et bon

gato

 

GATO

Danemark

 

Une histoire à tiroirs que celle de notre rencontre avec ces gros Chats…

 

 

Quand ils sont apparus sur le marché il y a quelques années, les appareils Gato m’ont immédiatement attiré par leur look atypique.

Ces galbes indéfinissables, les larges boutons saillants, les lumineux compteurs à aiguille un peu rétros, le mélange malin des matières…

Mais bon, pas vraiment de besoin dans les gammes présentées, on se dit plus tard, plus tard, d’autant qu’on ne connaît pas le distributeur et qu’il n’a pas la réputation d’être un interlocuteur souple. Ce qui n’est pas un défaut car il a aussi la réputation d’être droit et honnête. Pas le cas de tous, hélas…

Et puis on commence à travailler avec ledit distributeur pour d’autres produits (Accuphase), la relation se détend rapidement, et en recherche d’un ampli dans nos codes et dans les 3000 €, c’est la bonne occasion de tester un Gato, le DIA-250

On nous l’apporte gentiment, nous écoutons, nous le trouvons sympa, restitution d’une propreté exemplaire, droite, tenue, légère et plutôt rapide, l’intégré puissant pose une scène en profondeur, qui respire, lumineuse. Un bon produit en première écoute.

Alors on nous propose de nous le laisser quelques jours en nous offrant gentiment de nous prêter aussi le lecteur/DAC CDD-1 puisqu’il est dans le coffre.

Nous ne sommes pas du tout en quête de ce type de produit en ce moment mais la curiosité primant irrémédiablement, nous acceptons le prêt !

Je branche le lecteur CD/DAC CDD-1 du gros Chat, et même froid, même dans des conditions pas idéales, je sens qu’il se passe quelque chose et quelque chose de pas commun.

Je le laisse chauffer puis l’installe sur un système que je connais et aime particulièrement, Accuphase E600 & les nouvelles Cadence + de Mulidine

… Et mes camarades et moi-même sommes médusés !

Ce lecteur Gato CD/DAC CDD1 creuse le trou en s’effaçant totalement devant la musique, en l’affirmant en même temps, la posant crue et nue devant nous, mélange d’autorité et délicatesse, délié, intelligibilité d’une résolution extraordinairement élevée et homogène, sans aucune ostentation, aucune exagération, aucune tentation de tomber dans la facilité du moment de surligner le trait, cette voie que choisissent quelques machines adorées par la presse histoire de cautionner la manie de l’époque de nous considérer comme des crétins ayant besoin en permanence d’une explication de texte au risque d’en perdre la poésie, voire de le mésinterpréter.

Ici non, aucune caricature mais la justesse pure.

Et une tenue parfaitement linéaire lors des forte même les plus explosifs ce qui est rare dans le monde des lecteurs CD, pas d’étranglement, pas de dureté, pas de resserrement du spectre…
 

Le CDD1 joue, chante, jubile, brille, swingue, danse, exulte, une machine de vie franchement ébouriffante pour laquelle l’expressivité, le frisson n’est pas un vain mot sans jamais oublier la justesse et la précision, des couleurs, du swing, de l’entrain, des atmosphères, des teintes etc…


Doit-on, à l’heure où le dématérialisé s’impose, investir dans un lecteur à 6500 € ? Oui je crois, d’autant qu’on peut s’en servir comme DAC qui est évidemment grandiose, sinon le lecteur ne chanterait pas comme il le fait, hein ? Ben oui, c’est évident !

C’est un grand mystère de la création audio, à l’heure où la dématérialisation conquiert lentement le Royaume des Sources, de découvrir les bons DAC où on ne les attend certainement pas. Récemment encore, nous avons testé 2 DAC dont le prix équivalait ou dépassait celui du lecteur/DAC Gato sans un seul instant nous faire envisager de les acquérir. Avec le Gato, on a l’impression d’un DAC de course qui justifierait déjà le prix mais en plus est royalement doté d’une formidable partie mécanique, ce qui par conséquent en fait un objet au rapport qualité/prix idéal !


Ce lecteur nous a évidemment donné envie de tester l’ampli intégré de la marque qui lui correspond en positionnement, à savoir l’AMP-150, même si là encore on n’a pas vraiment de besoin dans cette gamme. Mais quand même, c’est tentant car l’ensemble est vraiment beau !

Beau et bon ! Car l’importateur a rapidement répondu à notre suggestion en nous envoyant un appareil totalement neuf.

Quelques jours ont suffi à nous en convaincre. Pas fréquent.

Alors que nous avons reçu un appareil jamais déballé, au bout de deux jours il a commencé à dévoiler une grande partie de son charme.

Nuancé, riche en couleurs, une sensation d'aisance et de réserve sereine de puissance sur des enceintes très différentes (Cadence +, Wilson Benesch Square 5, Living Voice IBX), l’AMP-150 place très haut la barre de la verve musicale et justifie pleinement un prix que l'on aurait pu craindre faussé par la cosmétique.

Pas du tout : pour avoir longuement cherché pendant plusieurs années de beaux amplis à transistor entre 5 000 et 10 000 €, on peut vous dire que son allégresse lyrique justifie largement le prix !

On pourrait croire un Classe A par sa capacité à procurer de la matière et du grain, D’ailleurs il tiédit vite, pourvu d’un dispositif malin qui permet d’accélérer sa mise en température sans être contraint de le laisser sous tension en permanence.

Les timbres sont touffus, pleins et denses, respectant parfaitement les matières champlevées par le lecteur, l’appareil module idéalement, animant des sinuosités dynamiques fines avec une minutie rare dans le monde du transistor, tout en sachant pousser avec rapidité et véhémence sur les impacts brutaux (écoute édifiante de l’exigeant Tabula Rasa d’Einstürzende Neubauten).

Superbe découverte !

A tout point de vue, bonheur des yeux, des oreilles et du cœur garanti !