grandinote volta

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Volta

 

Nouvelle bombe de l’italien génial chez staCCato.

 

Le Grandinote Volta, pour faire simple, est un lecteur de réseau/DAC.

Rien de plus, rien de moins.

Ne comptez pas brancher un drive ou une liaison optique sur le Volta, la machine est fermée, délibérément et ce dans la louable volonté de ne pas altérer le signal ou faire grimper le prix en flèche en installant des entrées dignes de son expressivité naturelle.

Au « bon » vieux temps du CD, les lecteurs lisaient les CD, point.

Le Volta lit les fichiers numériques, point.

Tous ! Du Mp3 au DSD. Les flux (streaming) et radios internet aussi bien sûr.

 

De quoi a-t-on besoin d’autre, à bien y réfléchir ?

 

Sa mise en route nous a demandé… 3 secondes ? Prise secteur, câble RJ, appuyer sur le gros bouton en façade… Suis allé voir sur la tablette Android si Bubble UPnP le voyait, oui, hop j’ai envoyé la musique.

Et vraiment la musique !

Parce qu’il en délivre, le bougre ! Et pas seulement sur son complice fraternel (le Shinai), mais aussi sur un Atoll IN400, sur un ppfff VAN en asymétrique, sur un E600 Accuphase, etc…

De la musique avec un cœur gros comme ça ! Oui, bon, vous ne voyez pas mes mains, mais c’est un gros gros cœur.

Car d’emblée on est saisis par la vérité charnelle d’une aubade majeure, assurance lyrique et rythmique, et un sens du swing flagrant (sur du Brahms, c’est dire !).

Le caractère du Volta, à peine sorti de l’emballage, s’impose sans aucun doute, parce que quand un appareil chante aussi magnifiquement, quand il installe une telle présence organique, quand on est d’emblée aussi à l’aise, détendu, ébahi, heureux, quand l'objet trouve sa place dans les meilleurs systèmes, créant un lien charnel, naturel, immédiat à la musique, pas besoin de vérifier si, si, ou encore si, pas besoin de comparer...

 

Le Volta déploie des sortilèges harmoniques, une inspiration sensible, un lien direct avec le cœur des musiciens, une enrobante constance, oxymore d’enchanteresse humanité et fraîche aération, il rejoint les contraires par son exaltation tout en douceur, son tempérament viril tout en distinction, sa bonhomie pimpante de timbres tourbillonnants, un torrent de musique charpentée comme une cathédrale, une pantagruélique générosité millimétrée de détermination.

La virtuosité prégnante du Volta révèle savoureusement les éclats bitumeux dans les méandreuses excursions des canadiens de Suuns, luminescence des enchaînements déliés sur le Bach de Rafal Blechacz (ébouriffante Partita n°3), magma abyssal, nébuleuses chamarrées, gemmes radieuses égarées dans l’obsédante et magnifique 13ème symphonie d’Allan Pettersson (par Christian Lindberg), rythmes capricants sur les élucubrations sixties de Daniel Pemberton, pluie de coquettes étoiles sur « l’inspiration baroque », divagation détendue mais minutieuse par  Louis Sclavis et l’ensemble Amarillis, frémissante évocation de l’épiderme, onirisme prégnant avec Ala-Ni, ou rage hallucinée, éruptive et acharnée de Behemoth, on ne s’ennuie pas une seconde grâce au Volta, à l’encontre de si nombreuses sources numériques prétendant à la précision mais dont le swing est aussi passionné qu’un métronome.

 

Le Volta est somptueux de bout en bout.

 

Bon, avouons-le, on comparera quand même par pure déformation professionnelle, mais les tests comparatifs ne feront que valider ce qui est pour nous un critère monomaniaque : la qualité doit justifier le prix.

Le prix, on en parle ?

Comme semble-t-il toutes les créations de Grandinote, combien faut-il dépenser pour obtenir mieux ? Beaucoup ! Ne serait-ce que parce que le Volta est autonome, pas besoin d’ordinateur pour lire, ni même ripper, il sait le faire.

Et « mieux » est une vraie question car le Volta ne laisse place à aucune frustration aucune sensation de manque, aucune erreur ou répétition, aucune complaisance, aucune place au doute… En revanche, vous trouverez généralement moins bien pour plus cher…

Alors oui, le look ne cherche pas la séduction, mais au moins on ne dépense pas pour la plastique et on reste concentré sur l’essentiel.

Encore un instrument à bonheur de Grandinote. Une merveille résolument destinée aux grands amateurs de musique(s) qui se moquent des effets de mode ou des prétentions technologiques. Un appareil de long terme, une fondation, comme nous les chérissons chez staCCato.

 

Evidemment, on va tester quelques fonctions, notamment en passant par son application propre plutôt originale puisqu’il faut aller récupérer l’adresse IP de la machine sur l’ordi puis la copier dans le navigateur de votre tablette et hop le tour est joué.

L’application Volta est très facile à utiliser, et elle va bientôt intégrer la possibilité de streamer directement depuis Qobuz, licence achetée, mise à jour de l’appli en cours, tout va bien. Et on peut d’ores et déjà streamer Qobuz, même en HR en utilisant Bubble UpNP

 

Vraiment, c’est déconcertant ces machines à musique qui, sitôt branchées, font qu’on ne se pose pas de question, qu’on se moque de savoir si telle ou telle combinaison est supérieure ou pas, un peu plus ou un peu moins de fruité, de profondeur, de couleurs, un peu plus ou un peu moins de tous ces critères audiophiles qui révèlent leur ridicule quand le lyrisme, l’humanité, l’évidence s’imposent, réunissant des critères si souvent obsessionnellement dissociés dans les attentes des uns et des autres.

On se demandera une fois de plus comment une petite structure (injustement méconnue en France mais qui se taille un franc succès en Allemagne par exemple) réussit de telles prouesses, un parcours apparemment sans faute (je vous parlerai du Celio dans un autre article). La réponse est possiblement dans le choix d’une gamme simple : chaque objet est un « en soi », une étude complète et aboutie, pas forcément déclinable en gamme.

 

Franchement, je peux vivre avec Volta pour écluser plusieurs fois ma discothèque infinie.