wilson benesch

élégance anglaise

wilson benesch

Site internet : http://www.wilson-benesch.fr/

wilson benesch   

Site internet : http://www.wilson-benesch.fr/

Angleterre, fabriqué en Angleterre

 

Une marque que nous connaissons tous, même si pour certains c’est essentiellement par leurs platines au dessin si particulier.

 

Pourtant, rapidement Wilson Benesch a su s’imposer comme un facteur d’enceintes de premier rang en proposant des objets très technologiques via l’utilisation sans limite du Carbone et de techniques de charges sophistiquées.

Quelques écoutes au hasard de salons ou de rencontres chez des particuliers ne nous avaient pas absolument convaincus, une philosophie forte certes, mais qui ne nous convenait pas vraiment, un léger manque de spontanéité, d’ouverture, manques très relatifs, certes, face à une concurrence embourbée dans la course au grave ronflant et l’atonie expressive, mais non, quand on nous a proposé la marque, nous avons décliné, d’autant qu’elle intéressait notre collègue et voisin qui ne faisait pas la fine bouche.

 

Cependant, un jour lors d’un passage à Munich en compagnie du distributeur de la marque qui est un copain, celui-ci nous invite à une présentation privée (que cette phrase est lourde !) du modèle Cardinal de Wilson Benesch, un truc assez délirant situé du côté du haut de gamme (78 000 €, ça commence à compter, non ?).

Certes l’objet était accompagné de deux caissons Torus et le tout quadri-amplifié par des électroniques apparemment merveilleuses (CH Precision) donc la facture dépasse celle d’une voiture de luxe pour quasiment atteindre celle d’un câble audio, mais qu’importe, nous avions subi lors du High-End voisin quantité d’abominations bien plus coûteuses. Or les Cardinal nous avaient emballés ! Rapidité, respiration, justesse rythmique, entrain et swing, aplomb, charme et autorité, pas un instant d’ennui sur la dizaine de disques que je connaissais puisque c’étaient les miens !

 

Quand est sortie la gamme Square chez Wilson Benesch, j’ai eu un petit pincement, je trouvais les objets vraiment sobres et jolis alors que je ne suis pas toujours enthousiaste devant les dessins parfois complexes et technologiques d’autres modèles de la marque.

 

Et puis récemment est apparue la Square 5 dont mes copains distributeurs me disent : elle te plairait sûrement, elle est vraiment pensée dans l’esprit des Cardinal, médium en large bande, rapidité idéale etc...

 

-    Oui, vous êtes bien gentils, mais ce n’est pas pour moi, mon collègue voisin représente la marque au cas où vous l’auriez oublié.

-    Ben non, plus vraiment, il veut passer à autre chose, il réorganise son activité et comme il sait que tu es intéressé, il veut bien te passer le relais…

-    Oui, bon ben super, mais faut quand même que j’écoute.

-    Si tu veux, tu peux récupérer pour essai notre paire de démo qui est à Rennes en ce moment, ça te tente ?

-    Non... Mais je peux aller les chercher aujourd’hui ?

 

Et voilà.

 

Objet superbe, mince colonne haute mais très logeable, d’un niveau de finition si élevé qu’on dirait du chinois (hum… oui, bon on peut plaisanter quand même…).

 

Un peu délicate à manipuler en auditorium du fait des haut-parleurs dans le pied et d’un poids quand même conséquent de 50 kgs ou presque, mais bon on a connu pire.

 

En revanche, chez nous côté nombre de haut-parleurs, ce doit être un record : 5 actifs + 1 passif par enceinte !!!! On est loin de nos normes de 2 HP voire 1 si possible.

 

Si contrairement aux précédentes réalisations Wilson Benesch, le Carbone n’apparaît pas à l’extérieur d’une colonne plus « classique » avec finitions bois variées vernies ou satinées et laquées, (je crois que ce ne sont pas moins de 13 propositions différentes), le Carbone est présent à l’intérieur assurant des renforts à des points précis de l’enceinte et évidemment pour les équipages mobiles des HP.

 

Un peu sceptiques quand même face à l’armada de transducteurs à mettre en mouvement, certes de petit diamètre, on a vite compris qu’on a affaire à un phénomène rare, doté d’une personnalité affirmée.

 

Est-ce l’influence du médium monté en large-bande ? La proposition musicale est très rapide, vive, très réactive.

 

Elle expose une résolution d’une exceptionnelle acuité et aussi du meilleur aloi sur l’ensemble du spectre, car ne tombant jamais dans l’analyse inutile, le chirurgical comme disent les audiophiles avisés, mais bien dans une suggestion de ce que devrait être le monitoring peut-être.

 

Scène, large, profonde néanmoins très précise une fois le placement et le réglage de hauteur des pointes correctement effectué.

 

En dépit d’un rendement moyen sur le papier et d’une impédance possiblement capricieuse au regard de la conception, l’enceinte adore la Classe A d’un Masterclass Sugden ou évidemment de l’Accuphase E600 qui la font chanter idéalement. Et le lyrisme devient magistral avec le Van ppfff.

 

Car derrière l’ultra précision, l’enceinte swingue, suit chaque mouvement des musiciens, leur colle à la peau, révèle les timbres, idées, sourires ou hésitations avec une intensité subtile, réagissant avec punch à toutes les sollicitations. Ce n’est pas ce que j’attendais vraiment mais c’est beaucoup mieux !!!!

 

Evidemment, un mariage avec un AVM ou la série 400 Atoll fait merveille, ou encore les YBA Passion que nous avions en tests…

 

Des Cardinal en version réduite ? Oui, mes camarades n’avaient pas exagéré, c’est vraiment ça : aération, aplomb, énergie et vitalité, couleurs lumineuses et pures, homogénéité dynamique sur l’ensemble du spectre sans aucune distorsion, grave si rapide qu’il va bien y avoir des hifistes chagrins épris de rondeurs d’almée pour dire qu’il est un peu court… qu’importe, il timbre comme peu d’enceintes savent le faire, et il a du panache quand il le faut. Je suis enchanté.

 

La Square 5 est assez exigeante côté amplification et ne fera pas bon ménage avec des appareils paresseux ou inexpressifs comme il y en a tant, mais comme on l’a vu, la puissance n’est pas nécessaire et même en écoutant à des niveaux que l’utilisation domestique réprouve, l’E600 Accuphase n’a jamais été dépassé. Il faut dire qu’on peut taquiner la zone rouge d’icelui sans engendrer la moindre distorsion… Ceci explique aussi cela.

 

Une prétendante face à nos ADA ppfff de référence ? Oui, en quelque sorte… On est dans une gamme de prix comparable (environ 13 000 €), et les deux objets apportent une perception différente de la perfection musicale.

 

Détail, précision, tension, lumière ensoleillée et réactivité de la Wilson Benesch s’accompagnent d’une éloquence unique chez ADA, du grain des matières, des corps, des âmes, mais au prix aussi d’une exigence électronique plus pointue…

 

De belles heures de musique à venir quoi qu’il en soit…

 

Comme une sorte de deuxième épisode, suite à diverses rencontres, le distributeur Wilson Benesch, pour répondre à des réserves sur l'encombrement de là Square 5 que nous rencontrions, nous suggère de tester le modèle Vector de la gamme Geometry, où l'on trouve aussi le modèle de référence Cardinal, c'est dire.

 

N'ayant pas été convaincus par tous les modèles anciens de WB, c'est un peu circonspect que nous sommes d'abord aller les découvrir chez un confrère ce qui a donné envie d'en savoir plus.

 

Pour accepter finalement que, à dimensions nettement plus réduites, elles donnaient au moins autant sur presque tous les critères (un peu moins d'ampleur et de liberté, soit…) que les grandes Square 5, agrémentées peut-être même de quelques qualités ou compléments de qualité supplémentaires.

 

Les Vector sont dans la grande tradition Wilson Benesch, c'est à dire réalisées en carbone et aluminium, enceintes très technologiques, haut-parleurs propriétaires jusqu'au tweeter (ce qui n'est pas le cas de S5), mais avec cette fois encore la particularité que le HP principal n'est pas filtré, ce qui participe grandement à la transparence inouïe de ces objets ainsi qu'à leur capacité à retranscrire une scène profonde et très stable, le tout facilité par l'inertie des charges, par la forme complexe (d'où le nom de la gamme Geometry) et la maîtrise des matériaux, l’ADN même de la marque.

 

De S5, Vector garde la vitalité, la très grande transparence qui devrait être celle de moniteurs, le sens du swing (si l'électronique ne le gâche pas !), une facilité lyrique immédiate, mais elle y ajoute à mon avis une plus grande facilité d'utilisation (moins sensible à certaines caractéristiques de pièces) et une richesse harmonique supérieure dans le haut du spectre.

 

Des moins ? À part la possible perte d'ampleur, surtout en hauteur, non, je ne crois pas. L'équilibre tonal est imperceptiblement différent, un peu plus sombre peut-être, Vector descend peut-être moins bas, mais c'est difficile à dire car précisément l'équilibre est intelligemment travaillé pour procurer à ces enceintes peu encombrantes, magnifiquement fabriquées et finies (une référence absolue) la respiration et le panache d'enceintes beaucoup plus volumineuses.

 

Combinaison majeure avec le Shinai Grandinote qui les accompagne avec brio et bonheur, les magnifie en timbres, matière, corps.

 

Face à nos chères Living Voice IBX-R2 dans une gamme comparable, elle affirmera une résolution possiblement plus précise, une tenue plus rigoureuse, une mise en espace plus concrète, et la Living Voice garde le sens d’une expressivité supérieure, plus frémissante et explosive, à richesse de timbres comparable sous un éclairage sensiblement différent.

 

Ce sont donc les Vector qui trônent dans notre salon de musique désormais.

 

En attendant les ACT One ?