consonance et dissonance

un lecteur de notre site nous a récemment demandé pourquoi nous ne reprenions pas le "glossaire cuistre" de Strad dont nous avons été un partenaire privilégié. L'idée nous a paru excellente, l'autorisation rapidement donnée et voilà. Nous nous autoriserons bien sûr à l'aménager et le compléter au fur et à mesure des idées.

consonance et dissonance

Consonance et dissonance



La consonance est la condition dans laquelle la sonorité d'un intervalle musical montre le moindre trouble ou le minimum d'effet sonore ; on parlera alors de pureté acoustique qui n’est possible que lorsque les deux sons sont dans un rapport simple de fréquences.
Si ce rapport n'est pas idéalement précis, des perturbations apparaîtront dans la sonorité, entraînant la sensation de perte de cette pureté acoustique.


La pureté d'un intervalle est définie par l'absence de battement audible, ou éventuellement par le battement le plus faible possible – cas de la tierce - ce qui se produira seulement si les deux notes sont dans un rapport de fréquence simple.


Le rapport le plus simple est l’octave ( 2 / 1 ), où la consonance est si impeccable que l'on peut douter de la présence de deux notes : tous les harmoniques de la note du haut sont déjà présents dans la note du bas.


Un rapport entre les vibrations de deux sons de 3 à 2 ( 3 / 2 ), donnera une quinte.

La quinte est l'intervalle distinct le plus consonant, c'est pourquoi il est à la base de la musique.

La quarte, renversement de la quinte ( 4 / 3 ), est un peu moins consonante.

Le rapport est de 5 à 4 ( 5 / 4 ), définit une tierce majeure pure, alors que la tierce pythagoricienne d'un rapport 81 / 64, n'est pas pure, sa "consonance" étant très éloignée du rapport naturel 5 / 4.

La tierce majeure du tempérament égal est un peu moins éloigné du rapport naturel 5 / 4.

Pour les autres intervalles, on ne pourra plus vraiment parler de pureté, un battement relativement audible subsistant toujours même pour des rapports simples et rigoureux tels que 6 / 5, tierce mineure et 9 / 8, ton majeur.


C'est clair ?


Pourtant, une autre considération sera prise en compte : la proximité du rapport de l'intervalle avec un rapport simple. On admettra que la consonance stricte est en fait présente, mais altérée, d’où un battement quasi-imperceptible si le rapport est proche. La conjonction des deux sons d'un intervalle produit également le phénomène du son différentiel, troisième son dont la fréquence correspond à la différence de fréquence des deux sons de l'intervalle.


La pureté d'un son musical, donc de son timbre, est aussi définie par une consonance, à savoir celle des harmoniques qui le constituent entre eux. Un battement apparaîtra donc si le son n'est pas pur. Cette altération de la pureté du timbre se mesure par l’inharmonicité.
Le piano est considéré comme plutôt inharmonique, ce qui contraint à des aménagements du système d'accord, notamment dans l’écartement des octaves.