musique

un lecteur de notre site nous a récemment demandé pourquoi nous ne reprenions pas le "glossaire cuistre" de Strad dont nous avons été un partenaire privilégié. L'idée nous a paru excellente, l'autorisation rapidement donnée et voilà. Nous nous autoriserons bien sûr à l'aménager et le compléter au fur et à mesure des idées.

musique

Musique



L'essentiel, qu'on le veuille ou non, quand bien même un pan large de la GHFI aurait une légère tendance à l'avoir oublié…


Au sens le plus large, la musique est l’art consistant à arranger et ordonner les sons et les silences au cours du temps ; on introduit dès lors les notions liées à son découlement dans le temps :

- Temps et rythme, supports de la combinaison temporelle.
- Hauteur et mélodie, supports de la combinaison fréquentielle
- Harmonie et simultanéité
- Timbre


Le dosage et la prédominance de chaque support varieront en fonction de la musique considérée. Nombre de musiques tribales africaines ou américaines privilégient le rythme, la scansion. En orient, la mélodie prend la priorité. La musique occidentale de culture ( par opposition au cri organique originel d’où découle la musique fonctionnelle ) repose beaucoup sur des notions d’harmonie.


Dans un sens strict, il faut nuancer cette définition, puisque l’intrusion de l’aléatoire a dénié tout caractère volontaire à la composition.

La musique est donc un art, objet d'une création, représentation et communication. Elle se plie donc à certains codes, des règles, certaines simples d'autres complexes.


Puisqu'elle est une création, la musique lie l’inconnu au connu, le futur au présent. Sa particularité forte est d'être fugitive : elle n'existe que dans l'instant de sa perception. Un des points majeures du rôle de la haute-fidélité est en quelque sorte de vouloir la figer, par la possible répétitivité d'un instant… Il est intéressant de noter que sa perception majoritaire ( hors écriture et lecture ) repose sur l'ouïe, le sens le moins apte à la connaissance objective qui régit la science. Est-elle alors le sens des sentiments ?


Mais la musique, au moins en occident repose sur les symboles (les notes de musique) avant de prendre sens par la valeur affective ou émotionnelle.

Ce constat est moins vrai pour diverses autres cultures ou perceptions : les musiques de l'oreille pure (terrestres, spirituelles) ont souvent gardé leur pureté essentielle faces aux musiques de l’œil (primeur de l’écriture, du discours, et un certain rejet du folklore).

L'occident entend privilégier l’authenticité, et inscrire la musique dans une histoire qui la relie, par l'écriture, à la mémoire du passé.

Les musiques ethniques sont plus basées sur le lien direct au ressenti et à l’imaginaire, enrichi de mythe et de magie, le tout directement imprégné d'une corporalité de la musique et sa perception. L’auditeur participe directement à l’expression de ce qu’il ressent, là où l'auditeur occidental est extérieur et juste spectateur de l'émission musicale. Sans doute est-ce ce que l'on appelle maintenant la période baroque qui a marqué la coupure en occident : l’écriture, la notation rationalisent les modes musicaux grâce au tempérament.


Pourtant on peut imaginer des conceptions et des compréhensions très distinctes de la notion même de musique. Par son existence propre ou par sa fonction projetée.

L’approche intrinsèque ou immanente : la musique préexiste chez le compositeur avant d’être entendue et existe même par elle-même dans la nature, ou pourquoi pas, par nature. Ne parle-t-on pas de chant des oiseaux, de la musique de la nature au printemps, etc… ?

L’approche extrinsèque, ou fonctionnelle, où la musique est une fonction projetée, une perception, où la musique est sociologique. Elle a tous les sens et au-delà, mais n'est perçue que dans un seul : la musique des oiseaux n'est musique que par la qualification que l'on veut bien lui donner.


Quoi qu’il en soit, la musique est conçue par une personne et reçue par une personne ou un groupe, d’où une dimension anthropologique. Définir la musique passe alors par la définition d'une certaine conception de la communication entre les individus. La musique devient subséquemment langage. Langage écrit et parlé qui plus est. La musique devient communication universelle à la nuance près qu'elle peut être entendue par tout le monde, mais comprise uniquement par quelques uns.