timbre

un lecteur de notre site nous a récemment demandé pourquoi nous ne reprenions pas le "glossaire cuistre" de Strad dont nous avons été un partenaire privilégié. L'idée nous a paru excellente, l'autorisation rapidement donnée et voilà. Nous nous autoriserons bien sûr à l'aménager et le compléter au fur et à mesure des idées.

timbre

Timbre



Le timbre est au son ce que la couleur est à l'image. La couleur du son, pour faire simple. La qualité qui distingue deux sons de même hauteur et de même intensité.


On parlera cependant non pas de la couleur d'un instrument, mais bel et bien des couleurs d'un instrument. Le timbre de l’instrument est donc le son spécial à chaque instrument.


Le timbre ne suffit pas pour reconstituer l'image plausible de l'instrument. Sans matière, sans grain, l'identification est plus culturelle que concrète. Même sur un autoradio antédiluvien, on fait la différence entre un piano et un violon. Mais parfois sur des systèmes perfectionnés, séparer la clarinette du hautbois ( employés dans une même tessiture ), ou trompette et saxo relève plus des repères acquis que d'une réelle distinction de leur couleur.

La matière, l'éclat différent du cuivre ou la résonance du bois entre deux instruments d'une même famille ou d'un même pupitre souligneront la personnalité de chacun.


C’est l’ensemble de ces nuances verbales qu’on regroupe sous l’appellation globale de "timbre"…

Une fois cette définition posée, reste à faire le tri dans l'importance relative ou la compréhension réelle du timbre dans la restitution.


Souvent, l'argument flatteur pour un système consiste à se réfugier derrière le confort du beau timbre : j'aime mon ampli, il délivre de beaux timbres ! Oui, d'accord : toujours les mêmes ; à tel point qu'on pourrait en parler au singulier. Si les timbres ne sont pas beaux sur le disque, il n'appartient pas à la chaîne de les édulcorer ! Ce n’est pas parce que l’on a de plus en plus l’impression que les musiciens modernes, de toutes catégories, sont issus de castings de mode que la vérité de la musique doit être essentiellement plastique ! ( Mais quand même, on t’aime, Hélène… )


Cet ampli est formidable, il respecte les timbres d'origine ! Et on le sait comment ça ? Outre qu'il faudrait avoir été présent au moment de l'enregistrement, il faut tout de même une belle mémoire auditive !


La vérité sur la restitution des timbres est à la fois simple et dérangeante : elle est plutôt du côté des systèmes qui libèrent une palette étendue, une variété incommensurable de timbres. Des timbres diaprés, distincts à tout moment d'un même disque et à fortiori d'un disque à l'autre et non contaminés d’une couleur moyenne issue des caractéristiques de la boîte émissive. Il faut parfois enfoncer des portes ouvertes tant on constate en ce domaine une dérive flagrante !


Mais attention : le timbre ne dit pas tout. Fréquents sont les systèmes qui produisent une image de piano absolument magnifique, un Steinway plus vrai que nature, mais où le pianiste pourrait être absolument n’importe qui, y compris votre serviteur ( ce que je ne vous souhaite pas ! ), car les particularités du toucher, les fringances ou les ambiguïtés du jeu, l’ornementation de l’œuvre jouée sont ramenées à un standard accablant…


Ah oui, le timbre c'est aussi est une image mobile, ou une empreinte, que l'on appose sur un document, destinée à marquer le paiement d'une taxe ou d'une redevance fiscale. Un droit fiscal…

J'ai failli oublier…